L'ozone et la santé: de quoi s'agit-il?
Quels risques pour la santé? (partie 3)
Les UV et la biosphère: quelles sont les armes du septième cavalier de l'Apocalypse?
On aurait bien voulu pouvoir simplifier cette revue de la dévastation de notre Terre principalement causée par la diminution de la couche d'ozone. Mais à l'analyse, il apparaît clairement qu'il est impossible de poursuivre ce travail en se passant d'analyser les effets des UV sur la biosphère et d'abord sur la biosphère marine.
Une simple remarque au point de départ: toute la végétation de la biosphère repose sur la photosynthèse engendrée essentiellement par les UV. Alors où est le problème?
Voyons d'abord ce qui se passe dans la mer.
Les UV et la mer
On s'excuse d'être un peu réducteur pour ce qui concerne l'eau douce, mais on aura garde d'oublier que les marais et les zones humides terrestres sont un des éléments extrêmement riches de la biodiversité qui devrait faire l'objet d'analyses plus fouillées en ce qui concerne l'influence des UV. La seule chose que l'on connaît pour l'instant, c'est la quasi disparition de certaines races de grenouilles et de crapauds, ainsi qu'une diminution très inquiétante de la population des amphibiens partout dans le Monde et surtout en Australie. Ce phénomène inquiétant est attribué aux UV aussi bien par les scientifiques pessimistes (cliquer sur la
Rana Cascadae quasiment disparue que par les optimistes (cliquer sur le sous-titre de l'image).
Le rôle essentiel de la biologie marine dans la photosynthèse
L'image de droite montre le rôle essentiel de la mer dans l'élaboration de la biomasse et dans les relations entre la troposphère et la biosphère.

Cela ne doit pourtant pas entraîner une sous-évaluation de la capacité de nuisance en provenance des sols et des activités humaines, par exemple, la capacité de nuisance de la déforestation a des effets extrêmement perverses sur le milieu marin par UV interposés, les proportions semblant, hélàs, en ce domaine parfaitement inverses à la capacité des milieux à assurer la fonction du cycle du carbone.
Le
CIESIN, organe des Nations-Unies qui gère les problèmes de la couche d'ozone a, à juste titre, inscrit la protection de l'Ecosystème aquatique dans
le chapitre 4 du programme des Nations-Unies pour l'Environnement
(United Nations Environment Programme élaboré en application de l'article 6 du protocole de Montréal) intitulé "publication Environmental Effects of Ozone Depletion".
Ce programme a été complété dans une note, datée du 14 décembre 2000, émanant du secrétariat des Nations Unies, intitulée
"Les effets de l'appauvrissement de la couche d'ozone sur l'environnement".dont nous extrayons les paragraphes suivants qui concernent exclusivement les écosystèmes aquatiques:
- "De récentes études analysant les effets du rayonnement solaire ultraviolet sur les producteurs aquatiques primaires (phytoplancton et algues macroscopiques) confirment les conséquences néfastes de ce rayonnement sur la croissance, voire la survie, de certaines espèces. Une intensification du rayonnement UV-B réduit la productivité de ces organismes et diminue leur aptitude à absorber le gaz carbonique présent dans l'atmosphère, contribuant ainsi au réchauffement de la planète. Cela étant, les conséquences les plus importantes d'une intensification du rayonnement UV-B sont sans doute les modifications induites des structures communautaires et de l'intégrité des écosystèmes.
- "Des études portant sur les effets conjoints du rayonnement UV et d'autres facteurs de stress ont été réalisées sur les bactéries, les cyanobactéries et d'autres producteurs primaires. Divers facteurs peuvent se conjuguer pour augmenter les effets inhibiteurs du rayonnement solaire UV, et affecter la croissance et la reproduction des organismes, la structure des écosystèmes et la dynamique de la chaîne alimentaire : un rayonnement visible excessif, des températures qui ne sont pas optimales, la présence de polluants tels que les ions toxiques des métaux lourds, ainsi qu'une modification de la salinité.
- "De récentes recherches, de plus vaste portée que l’étude des organismes et de leurs réactions ponctuelles, permettent de mieux comprendre l'impact du rayonnement UV sur les écosystèmes aquatiques (marins et d'eau douce). Outre la profondeur de brassage et d'autres facteurs, il s'avère que la pénétration du rayon solaire UV dans les eaux naturelles et le gradient UV qui en résulte dans la colonne d'eau influent sur la distribution verticale des algues macroscopiques dans la zone de balancement des marées ainsi que sur les migrations verticales d'individus, notamment dans les communautés de phytoplancton et les tapis microbiens."
Quand on songe que la seule déforestation de la forêt amazonnienne peut entraîner la famine en Afrique avec des tempêtes de poussières gigantesques et mettre le feu au "bush", on ne peut aborder la question de la pollution de la troposphère et de sa purification avec le secours de la mer qu'avec une infinie modestie et le souci constant d'en limiter au mieux la pollution et le saccage.
Encore faut-il, pour y parvenir, avoir des idées claires sur la question et acquérir un minimum de connaissances que, pour l'heure, bien peu d'institutions sont capables d'assurer en dehors de la NASA, qui offre l'avantage d'en dresser un panorama d'ensemble, ou des Institutions scientifiques, qui présentent l'inconvénient d'avoir une vue trop spécialisée de chaque problème détaché de son ensemble. Or, ce qui ressortit clairement de la compilation de toutes les spécialités, c'est que les UV B (à courte longueur d'ondes et à fort pouvoir de rayonnement) sont au centre des pouvoirs que l'Humanité semble, pour l'instant, avoir abandonné à celui que le présent site symbolise comme le "septième cavalier de l' Apocalypse" afin de bien faire prendre conscience que c'est la pérennité de la planète Terre et avec elle de l'Humanité qui sont en cause.
Bien que cela ne soit nullement obligatoire, il est conseillé à ceux qui souhaitent constater comment évoluent les problèmes résultant de la diminution de la couche d'ozone (ozone depletion en Anglais) de prendre connaissance des pages 32 à 43 (comptées à partir de l'URL "http://www.gcrio.org/UNEP1998/UNEP98p32.html") qui fixent une sorte d'état des lieux lors de l'écriture de ce programme.
Bien sûr, l'océan est en réalité le grand éboueur de la troposphère, et pour le comprendre, il faut absolument prendre connaissance de la page web française consacrée au
cycle océanique du carbone,. Avant de s'intéresser aux éléments qui constituent le fondement de cette épuration, on peut également se brancher sur le site
SeaWiFS Project, le site de la NASA destiné aux professeurs des enseignements élémentaires et des "hight schools" américaines, sans oublier de cliquer sur l'entête du tableau suivant qui conduit au site
PLANKTOS lequel donne des indications chiffrées précieuses pour comprendre la gravité et la diversité des problèmes posés.
Et l'on va constater que, dans tous les cas analysés ci-après, ce sont les UV B qui font la loi et vont décider du sort de la planète dans les cent années à venir.
Bacterioplanctons and Picoplanctons
Si l'on commence la chaîne biologique par son plus petit maillon, on aborde, au sein de la mer, les virus et flagelles qui montrent une forte réaction aux UV B. Dans certains cas, on se sert dans l'industrie de cette grande sensibilité de la flore microbienne pour épurer l'eau ou les aliments. S'agissant des macromolécules composant les bactérioplanctons, les spécialistes observent que les ectoenzymes, qui attaquent par l'extérieur les matières organiques sont également très affectées par les UV B. Il ne faut donc pas s'étonner si les eaux océanes, relativement claires et de faible profondeur, restent très chargées en matière organique, un phénomène que l'on connaît bien dans les zones européennes d'estuaires.
Lorsqu'ils sont soumis à un certain stress par exposition aux UVB, les bactérioplanctons doublent leur production de cyclohexane qui va accroître la proportion de gaz à effet de serre de la tropospère, par exemple dans le golfe du Mexique. L'absence de ces bactérioplanctons sur les hauts fonds des talus continentaux cumulée avec des déversements azotés ou nitreux peut transformer en déserts marins ces zones traditionnellement indispensables aux alevins et à la faune marine. Les UV B, et pas seulement la pêche industrielle, peuvent donc être directement responsables de la raréfaction du poisson hauturier.
Là où se développent les bacterioplanctons, se trouvent les pico planctons qui s'en nourrissent avec une vélocité quasiment aussi rapide que la multiplication des bactérioplanctons. La régulation du cycle du carbone est en réalité le résultat de l'équilibre entre ces deux types de micro organismes qu'étudie la station biologique de Roscoff, laquelle dépend, on le sait du CNRS.
On peut connaître comment s'intègrent les fonctions des bactérioplanctons et pictoplanctons dans l'écosystème aquatique
sur la page Web du GCRIO (US Global Change Research Information Service). Sur le graphe des fonctions de l'écosystème aquatique, les lettres DOM signifient "dissolved organic matter" c'est à dire "Matière organique dissoute".
Enfin, on perdra pas de vue que la matière organique dissoute est également dépendante, aussi bien pour les eaux douces que pour les océans et mers concernées, des matières apportées par les tempêtes de sable à partir des zones semi désertiques ou désertiques les plus exposées aux UV B. Un apport susceptible de brouiller les cartes de même que les variations de courants marins induits par le phénomène
"EL NIÑIO".
Les cyanobacteries: attention toxines?
Les propriétaires
d'aquarium connaissent bien les cyanobacteriae et dépensent des trésors pour en assainir les eaux. Les ostréiculteurs et conchyliculteurs également, dont c'est la hantise notamment en période d'été. La vie des cyanobactéries s'inscrit dans le cycle de l'azote. Mais leurs fonctions d'éboueurs peut également compléter celles des bactérioplanctons et des pictoplanctons en ce qui concerne le cycle du carbone, quand les bactérioplanctons ne peuvent se développer. On a donc déjà compris que
les cynobactéries sont indispensables à la vie. Un seul inconvénient, il peut s'agir également
de poisons, (on peut regretter qu'en France, peu ou pas d'informations ne soient données par les pouvoirs publics notamment dans les zones côtières) qui sont, au demeurant, très étudiés par les laboratoires car on en tire parfois la matière première de certains médicaments.
Les surfeurs scientifiques ne devront pas manquer de prendre connaissance de l'intéressant travail de synthèse consacré par Xavier GIRAUD, au
cycle océanique de l'azote et au processus de fractionnement. Même si ce travail est consacré à une étude n'intégrant pas le rôle de UV B sur les zones côtières des talus océaniques de l'Ouest du continent africain, il permet de mesurer la complexité des problèmes dans la chaîne de traitement océanique de l'azote.
En réalité, les problèmes de traitement de l'azote apparaissent surtout quand les rejets en mer, à partir des fleuves et rivières sont porteurs de fortes concentrations de nitrates et que la mer se pare d'une couleur inhabituelle ou verdâtre. Les anglo-saxons parlent souvent alors de neutrogination de l'eau, cependant qu'en France on utilisera plutôt le terme d'eutrophisation.
Les cyanobactéries peuvent compliquer les questions de purification de l'eau potable. A ce sujet le ministère canadien de la santé a mis au point une note d'information très complète intitulée
les algues bleues (cyanobactéries) et leurs toxines, que l'on peut télécharger en fichier "
Adobe".
Il faut également signaler un travail intéressant pour l'avenir conduit par M. Norbert Rolland qui a utilisé des cyanobactéries comme modèles génétiques pour l'analyse des fonctions protéines chloroplastiques, lesquelles incluent la photosynthèse.
L'institut de Recherche et de développement de Nouvelle Calédonie étudie actuellement le déterminisme de la prédominance des cyanobactéries et leur rôle trophique dans les milieux tropicaux. Un click de souris sur ce site permettra de comprendre pourquoi les cyanobactéries peuvent être un enjeu biologique important au-delà de leur simplicité biologique qui passionne manifestement les chercheurs: celles étudiées en océanie semblent résister aux UV B.
Or, sur les 137 projets d'étude centralisés sur les 5èmes journées européennes de travail consacrées à la biologie des cyanobactéries, aucun ne prévoit d'étudier ni leurs réactions aux UV B, ni s'il est possible d'atténuer, voir de détourner le poison que fabriquent les cyanobactéries. Il existe une explication à cette absence de priorité, que l'on trouve p. 14 du rapport d'activité de l'Institut Pasteur pour l'année 2002
le génome du Microsystis aeriginosa se compare à la génomique du groupe des mycobactéries qui comprend la tuberculose et la lèpre.
Quoi qu'il en soit, au niveau européen où ne semble exister aucune coordonation, notamment en ce qui concerne les conséquences de la diminution de la couche d'ozone, seul le projet français,
le projet 2000 de
France-JGOFS, dont on est au demeurant sans nouvelle, a proposé d'étendre les enseignements du
programme national de modélisation PROOF consacré au CO
2 en y intégrant, bien sûr, toutes les interactions.
Bref, une inconnue pèse très lourd en ce domaine: quelle est l'influence sur les cyanobactéries et leur environnement des UV B? D'une manière générale et dans toute la biologie végétale, cette question se pose sans qu'aucune recherche de fond n'ait été engagée sur un sujet aussi essentiel à la pérennité de la vie sur terre.
Les phytoplanctons
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South Atlantic Phytoplankton Bloom |
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Spectacular Bloom in the Barents Sea |
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Spring Bloom in the North Atlantic |
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Avec les phytoplanctons, on aborde le début de la chaine alimentaire
(si le schéma ci-contre est très simplifié, on peut en consulter un plus complet et joli sur le site du WWF) des océans, celle que l'on peut retrouver sous une forme ou sous une autre dans nos assiettes. On verra "in fine" qu'il pourrait être prudent d'intégrer la théorie mathématique du chaos, dès lors que l'on admet que les systèmes biologiques les plus simples évoluent beaucoup plus vite que les systèmes génétiques complexes.
Les phytoplanctons sont étudiés depuis longtemps: ils vivent entre la surface de la mer et une faible profondeur, et servent eux-mêmes d'aliments aux zooplanctons, notamment aux krills, des crevettes très voraces vivant en eaux profondes qui remontent vers la surface la nuit pour les dévorer. Là où ils abondent, les poissons et les
cétacés ne sont pas loins.
Les UV B tuent rapidement les phytoplanctons
Où vivent-ils? aux confins des eaux marines froides et chaudes et à faible profondeur comme le rappelle le GCRIO qui souligne que
le phytoplancton répond quasi immédiatement à une exposition aux UV B (UV à longueur d'onde très courtes) par la production de protéines résistantes qui causent des dommages importants aux chaînes de DNA (deoxyribonucleic acid) et à leurs délais de synthèse comme c'est le cas pour la plupart des organismes vivants.

Bref, dans les zones maritimes à fort rayonnement aux UVB (en particulier sous l'influence des trous d'ozone), le phytoplanction, et derrière lui le krill, puis les poissons et cétacés peuvent disparaître en très peu de temps.
Dès que l'on peut observer un phénomène tant soit peu voyant sur la planète, la NASA s'emploie à l'observer. Les zones riches en phytoplanctons ont donc été photographiées à l'occasion de leur efflorescence (bloom) par satellite et analysées. Cette année 2003, la NASA a diffusé plusieurs clichés de bloom (efflorescence chlorophyllienne) qui sont rassemblés dans le cadre ci-dessus.
De précieux indicateurs des changements climatiques
Les deux premiers clichés montrent que les blooms les plus importants se déroulent aux confins des courants chauds et des courants froids. L'attention des internautes sera certainement attirée par le dernier cliché, qui montre également l'influence déterminante des talus côtiers dans la multiplication des phytoplanctons dans le cycle du carbone de 90 p.100 de la biomasse de la Terre. En cliquant sur
"phytoplankton", ici ou sur cette page, David HERRING, l'un des meilleurs spécialistes de la NASA, explique comment fonctionne le cycle du carbone et précise comment le phénomène
EL NIÑIO peut soudainement bloquer le développement des phytoplanktons. En cliquant ensuite sur la question
"How do phytoplankton influence global change?"David Herring montre, à partir de l'exemple des GALAPOGOS, pourquoi le phytoplanctons est un indicateur précieux des changements climatiques.

La NASA donne également des renseignements sur les
Coccolithophores sur lesquels les canadiens ont lancé des recherches qui devraient intéresser le Monde entier. Les chercheurs canadiens de l'Institut Maurice Lamontagne se sont aperçus qu'en plus de son rôle de réducteur du CO
2, ce Coccolithophore produisait un précurseur du sulfure de diméthyle (DMS), un gaz pouvant, par photo oxydation, stimuler la formation de nuages et, par conséquent, susciter un refroidissement du climat... Les chercheurs canadiens soulignent qu'ils ont entrepris un étude de la sensibilité aux UV B de tout l'écosystème du Saint-Laurent, le seul moyen de comprendre quelles sont les mesures à prendre pour déterminer comment préserver la faune. Une étude qu'aucun organisme de recherche n'a encore engagé en Europe bien qu'elle y soit tout aussi indispensable.
La même page permet d'ailleurs de constater, photos à l'appui, que, curieusement, les algues toxiques telle l'Alexandrium Tamarense ci-dessus à droite, (au demeurant beaucoup moins diverses que les autres phytoplanctons) qui prolifèrent à la suite d'inondations dévastatrices (que l'on sait riches en nitrates) résistent beaucoup mieux aux UV B puisqu'elles peuvent former une véritable marée rouge sur le Saint-Laurent en plein mois d'août. Ils ont donc mis en place un réseau de surveillance semblable à celui de l'
IFREMER en France. L'IFREMER, qui, dans ce domaine détient un savoir-faire certain puisque cet organisme peut dresser
des cartes bilans détaillées des phytoplanctons les plus toxiques, souligne le développement quasi exponentiel de ces algues.
Ces observations conduisent à observer que, plus un organisme a un ADN évolué, et plus il est fragile alors que les organismes beaucoup plus simples semblent en mesure de s'adapter parfaitement à leur nouveau climat. Le caractère exponentiel qui s'attache à ces adaptations (au demeurant non étudiées) permettent d'avancer que les UV B exercent sur les écosystèmes qui n'y sont pas préparés des effets qui ne peuvent se mesurer qu'avec la théorie mathématique du chaos. A ce compte là, si l'Humanité ne prend pas rapidement la mesure du problème, elle risque d'être balayée.
Les algues
Le naufrage de l'Erika |
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Dans la revue Nature d'octobre 2003, un chercheur Anglais, John WHITFIELD, vient de lancer l'alarme:
71 plantes aquatiques marines ont disparu du fond des océans depuis dix ans. Certes, il y a encore 177.000 kms
2 de fonds marins offerts aux algues marines (seagrasses en Anglais) mais cette surface a diminué de 15 % en 15 ans. Et sur la responsabilité de cette diminution, les déversements pétroliers dans les mers et la pollution pétrolière et chimique ne sont pas seuls en cause. L'affaire paraît si grave que la très sérieuse BBC News y a consacré un site internet intitulé:
"World's seagrasses 'in peril'". Alors, pourquoi tant d'inquiétudes alors qu'un
rapport très rassurant vient d'être publié sur les conséquences du naufrage du pétrolier ERIKA? (Sur ce point, se reporter à la taxifolia!)
Il faut tout d'abord rappeler que ce n'est pas la première alerte sur le sujet: depuis l'hémisphère sud et en particulier depuis l'Australie nombre d'alertes ont été émises.
Pourquoi est-ce grave? Parce que les algues qui tapissent les talus continentaux jusqu'à 40 mètres de fond environ (c'est à dire la profondeur que peuvent normalement atteindre les UV en jouant au sein de la mer un rôle biologique épurateur) remplissent une action essentielle d'harmonisation des cycles du carbone et de l'azote par leur fonction chlorophylienne. Ils sont donc utiles à toute la faune marine qui peuple ces fonds (massifs coralliens y compris) et pas seulement aux tortues marines qui les broutent et aux hypocampes qu'elles hébergent. Et il est très probable que ces disfonctionnements de régulation biologique jouent dans les deux sens: ils sont entravés aussi bien quand survient un excès de particules de carbones (par exemple en cas de déversement pétrolier) qu'en cas d'excès d'azote, par exemple, par suite de déversements excessifs de nitrates provenant des produits de traitement agraires via les les fleuves et rivières côtiers. Pour sauvegarder cet instrument naturel d'équilibre biologique, il faut donc équilibrer les rejets de telle sorte que la fonction chlorophylienne des algues soit respectée. Pour l'instant, il n'existe aucune norme à respecter puisque le Monde entier vit encore sous l'emprise d'un régime juridique des mers scandaleusement archaïque au point d'autoriser implicitement la mise en péril de l'Ecosystème marin.
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L'altération de l'écosystème marin "sans billet de retour"
On pourrait se demander s'il existe un enjeu juridique pour l'application d'une règle que l'on ne peut vraiment constater de façon parfaitement visible! Et bien c'est tout le problème des interactions entre le réchauffement climatique et les UV B qui est posé à travers cette question: la réduction progressive de l'espace d'auto-nettoiement des mers ne se voit pas a priori, surtout quant il dépend, par exemple, de l'influence du phénonmène
"EL NIÑ0". En réalité, quand on le voit, c'est déjà trop tard car, pour rétablir les fonctions chlorophyliennes, il faudrait interdire tout rejet quel qu'il soit pendant plusieurs dizaines d'années sans être certain du résultat! C'est pourquoi il serait souhaitable de constituer des zones marines protégées, au besoin militairement, seulement accessibles à des bateaux de pêche calibrés et interdites à toute autre navigation maritime. Encore faut-il admettre que cette délimitation se complique en raison des tempêtes de poussières.
Voyons pourquoi sur le site web de M. Mac Kenzie (Australie) en cliquant sur le titre du tableau à droite ci-contre. Il est incontestable que le peuplement des algues rouges de la "Bernacle belt" a disparu. Mais cela n'est probablement pas dû à un déficit d'azote de l'Océan, comme l'écrit l'auteur du site: depuis 1948, la couche d'ozone a notablement diminué entrainant la fonte des glaces antartiques, l'apparition du phénomène
EL NIÑO et surtout la pénétration des UV B qui sont quasiment absorbés par la mer jusqu'à 40 mètres de profondeur. Et l'on est bien contraint de constater qu'il n'y a plus grand chose à faire pour retrouver un jour la magnifique et abondante ceinture de fucus rouges décrite et photographiée voici plus de 50 ans par M.STEPHENSON. On voit bien à travers cet exemple, assez exceptionnel, que les modifications profondes apportées à l'Ecosystème marin se font quasiment sans "billet de retour". Sous une autre forme plus brutale, le site australien spécialisé dans les algues
"AIMS Research" ne dit pas autre chose.
Il faut ajouter que les algues (ainsi que les macro algues) qui, elles, surnagent à la surface, si elles produisent moins de bio-masse que le phytoplancton, peuvent servir d'abri (à partir notamment de 15 mètres de fond) au zooplancton et à toute la faune marine sensible aux UVB, et ce même si elles-mêmes sont "stressées" par les UV B, comme l'a écrit dès 1998 un collège international d'experts dans le rapport qu'ils ont constitué pour le CIESIN (attaché à l'ONU) consacré à
l'effet des UV B sur les écosystèmes marins.
Mais cette règle est contredite par l'histoire aussi impérialiste qu'envahissante de la
TAXIFOLIA
Les Taxifoliae: quand les Aliens attaquent!

Il est impossible de parler des rapports entre les algues et le UV B sans parler de l'impérialisme colonisateur des
algues Caulerpa (taxifolia and racemosa) comparées par les experts australiens à
l'invasion des aliens. Originaires des mers tropicales (mer rouge, Caraïbes et Polynésie), ces deux variétés d'algues tiennent leur nom des "poisons" qu'elles fabriquent pour résister aux UV B: la
caulerpenyne encore désignée sous les initiales de CYN. Un site web intitulé
"la biologie de la caulierpa" y ajoute deux autres toxines, Caulerpine et la Caulerpicine, le tout étant issu du groupe
des terpénoïdes et des composés azotés, (des éléments chimiques que l'on retrouve sur terre) provoquant très probablement des inhibitions enzymatiques affectant l'ADN (ou DNA en anglais) des concurrents.
Répandue accidentellement en Méditerranée dans les années 1980, cette algue a envahi toute la côte d'azur,
puis la Méditerranée dans son ensemble, avant de s'attaquer à l'Atlantique
(Floride), l'Australie, puis le Pacifique
(Californie).
Comment se comporte cette algue à
la structure biologique étonnante? Elle envahit tous les fonds marins disponibles jusqu'à 30 mètres, et étouffe toutes les autres algues en vidant l'écosystème de sa diversité. En fait, il n'a jamais été établi que cette algue était directement dangereuse pour l'homme.

Mais son mode de reproduction, par bouturage tout au long de l'année, et par gamètes expulsées une fois par an de l'ensemble de sa structure végétale lui confère le pouvoir de coloniser rapidement et exclusivement tous les fonds qui lui sont favorables à une température d'au moins 10 degrés C. pour la taxifolia méditerranéenne.
Pour éradiquer ce type d'invasion, le
SCCAT a engagé un programme de 1,1 million de dollars par an pendant cinq ans depuis décembre 2001, en recourant parfois à des moyens extrêmes (la chlorine), ce qui revient à stériliser l'écosystème localement. On ne sait pas encore qui sortira vainqueur de ces mesures défensives. Pour sa part, la France utilise, quand l'arrachage n'est pas possible, des ions cuivriques, méthode qui a donné lieu à un
avis le 17 juin 2001 de la Commission d’évaluation de l’écotoxicité des substances chimiques relatif aux risques pour l’environnement marin liés à la libération d’ions cuivriques destinés à détruire l’algue Caulerpa taxifolia.Cet avis a été modifié
le 14 novembre 2002.
Enfin, il est possible de recourir à des limaces voraces, de la famille des Ascoglosses, les Oxynoe Olivacea, par exemple. Avec beaucoup de bon sens
des lycéens bordelais ont trouvé que le problème pouvait être aggravé si l'on acclimatait des limaces capables de pondre 200 oeufs tous les quatre jours et de dévorer toutes les algues des talus continentaux méditerranéens, qu'ils soient ou non conquis par la taxifolia!
Dans la réalité, la colonisation des talus méditerranéens par la taxifolia s'expliquent très bien quand on connaît la géographie de la Méditerranée: une eau toujours à 13 degrés, des déversements azotés dans la mer qui remontent aux origines de la civilisation et ont accumulé des réserves d'azote pour au moins vingt siècles, un accroissement des UV B qui lui permettent de se développer plus facilement que les plantes concurrentes jusqu'à trente mètres de profondeur sans même être gênée par les marées, à quoi s'ajoutent les rejets de nitrates d'origine agricole et ceux du décapage du sol suite aux incendies de forêts et aux pluies diluviennes d'automne. Des éléments fondamentaux générant l'écosystème d'une algue quasiment spécialisée dans la récupération des déséquilibres entre cycle du carbone et cycle des nitrates. Le vrai moyen d'éviter le développement de la taxifolia, c'est de la priver de conditions aussi favorables à son développement, des conditions qui présentent au demeurant des similitudes avec les macro-algues, qui sont capables d'asphyxier les poissons (ou les algues) au-dessus desquels elles flottent en raison de l'importance du volume de CO
2 qu'elles libèrent la nuit.
Nouvelle alerte! Macros algues et cyanobactéries même combat contre les UV B?

Les algues forment un élément important dans la biosphère comme le démontre le site
"lebrusc.chez.tiscali.fr" où conduit l'image de l'algue rouge ci-contre. Mais l'objet de ce site n'est pas de les étudier mais de récapituler l'effet de l'afflux croissant des UV B sur tous les éléments de la biosphère (interactions comprises quand c'est possible), ce que personne n'a encore entrepris, en y rencontrant l'équivalent, au sein même de la mer, de la mastocytose. Mais la visite d'un site dédié aux algues permet de mieux comprendre pourquoi les spécialistes qui étudient les réactions des algues et en particulier des macro algues bombardées par les UV B aux poles et sous les trous d'ozone est lourde de conséquences.

Or, l'étude des algues dans l'antartique a permis d'établir formellement une certitude: la formation des MAAs en général (amino-acides) ou de la mycosporine (qui est un poison) en particulier relève d'un mécanisme de défense contre les UV B (radiations de 280-315 nm) comme l'a signalé K. Hoyer dans une récente publication intitulée
"Antartic Alert" datée du 21 novembre 2003. Selon lui, la mycosporine diminue l'effet des UV B sur les plantes exposées à ces radiations. Cette observation est susceptible d'affecter la synthèse chlorophyllienne du monde aquatique exposé à ces UV B ainsi qu'il ressortit d'une étude intitulée
"The Role of Solar UV on the Development of Macroalgal Assemblages of Greece" propre à la Méditerranée (pour les invertébrés, il existe une étude de chercheurs grecs intitulée
"UV Effects on Invertebrate and Diatom Assemblages of Greece".
C'est la même thèse que développe le site intitulé
"Macroalgal and Periphyton Ecology" et la même mise en garde que celle pour l'antartique qui a été diffusée après une étude sur le
fucus vesiculosus, cette fois-ci dans la mer baltique.
Le
rapport 2001-2002 du groupe interinstitutionnel du Québec aboutit en sa page (p.34, notamment) à la conclusion que cette réaction aux UV B pourrait bien être commune à tous les écosystèmes marins et d'eaux douces. Mais l'étude de ce groupe de recherche "Québec Océan" lancée en 2002 en coordination avec les USA ne devrait pas être achevée avant 2004. Quoi qu'il en soit, il apparaît de plus en plus que seuls les mammifères paraissent bien démunis contre les UV B.
Les tribulations du zooplancton soumis au réchauffement climatique
Les trois premiers types de zooplancton conduisent l'Aeruginosa à produire le maximum de toxines. |
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non-melanic Daphnnia |
Daphnia magna |
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Moina macrocopa |
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Avec le zooplancton (se reporter le cas échéant à la
présentation du récent congrés d'Anvers qui ne comprenait pas de spécialistes des UV B), on aborde une forme de vie biologiquement plus construite et donc, dont le génome, plus complexe peut faire l'objet d'un décryptage biologique dans certains cas. A Anvers, les scientifiques ont surtout établi une grande sensibilité à l'eutrophisation.
Il n'en faut pas moins rappeler que le zooplancton vit le plus souvent en dévorant le phytoplancton dont il dépend, ce qui est le cas du krill. Or, les scientifiques qui, nombreux, suivent l'évolution du krill, surtout dans les régions géographiques proches des trous d'ozone polaires (et notamment antartique), s'aperçoivent que leurs populations sont soumises à de fortes variations. On sait déjà, grâce à la NASA que de telles variations affectent également les ïles GALAPAGOS lors des phénomènes
El NIÑA, c'est à dire lorsque les Galapagos ne se trouvent plus aux confins des courants chauds et des courants froids du Sud Pacifique. C'est le même phénomène qui s'est produit il y a plus de 60 ans dans l'Atlantique Nord aux confins des bancs de Terre Neuve à partir du recul des glaciers arctiques. Le Comité scientifique attaché au
"MARINE ENVIRONMENT PROTECTION COMMITTEE" a donc décidé de mettre cette question à l'étude.
En effet, d'autres interactions peuvent intervenir. Ainsi, des chercheurs Sud-Coréens se sont aperçus qu'en présence de trois catégories de zooplancton (et notamment de daphnées bien connues des propriétaires d'aquarium), le cyanoplancton
"Microcystis aeruginosa" fabriquait le maximum de la toxine dont il porte d'ailleurs le nom: la microsystine. Cette faculté de produire des toxines embarrassent nombre de villes aux USA et ont obligé les services d'approvisionnement en eau à recourir au traitement systématique, à l'exemple
la ville de Baltimore.
Certes, des études sytématiques n'ont pas été menées sur l'ensemble des larves de phytoplancton. Mais, comme le relève le CIESIN, on peut avancer que le zooplancton est extrêmement sensible aux UV B si l'on se réfère notamment aux études menées sur le copepod
"Tigriopus californicus".
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Tigriopus californicus |
Il a été établi que les copepodes et leurs larves meurent à partir de la 45 ème minute d'exposition aux UV B. Toutes les larves sont mortes dès la soixantième minute et les adultes à la quatrevingtdixième minute. Il est donc facile de comprendre que les alevins de la faune marine, en admettant que les oeufs fécondés dont ils sont issus, aient pu leur donner naissance sans être stérilisés par les UV B, désertent la partie haute des talus continentaux puisqu'il n'ont plus ni zooplanctons, ni phytoplanctons pour se nourrir.
Le réchauffement climatique affecte la biomasse marine"
La raréfaction du poisson hauturier s'inscrit parfaitement dans la logique de la diminution de la couche d'ozone et du rayonnement des UV B. Il semble qu'il faille attendre encore longtemps avant que cette explication soit livrée aux marins pêcheurs Européens en général et Français en particulier pour leur expliquer les vraies raisons du ralentissement de leur activité qui, en réalité, a commencé avec la fin de la pêche à la morue.

Cette conclusion est confirmée par le système global d'observation de l'Océan comportant un réseau intégré d'observation, le "GOOS"(Global Oceanic Observing System). Ce réseau comporte une centaine de stations hydrobiologiques, dont une section de 12 stations autour de l'Islande. Il a établi l'existence de fluctuations notables de la biomasse (phytoplancton et zooplanctons) depuis 1950. Il a été démontré que les fluctuations autour de l'Island sont liées aux changements climatiques (UV compris) et aux fluctuations des courants marins (cf 7.3.2 Ocean climate observing systems du
"Iceland´s Third National Communication under the United Nations Framework Convention on Climate Change". Il est probable que l'augmentation de la concentration du CO
2 dans l'eau puisse également influencer la diminution de la biomasse.
Hélàs, l'affectation de la biomasse marine par le réchauffement climatique est général et non limité à quelques régions ou aux zones polaires, comme le souligne Jennifer Hoffman, Ph.D., de l'University of Washington/Tacoma,
dans le chapitre 5 d'un ouvrage du WWF intitulé "Designing Reserves to Sustain Temperate Marine Ecosystems in the Face of Global Climate Change" .
Comment les UV B tuent les coraux?
Severe coral reef stress and death in the Florida Keys, by the Goddard Space Flight Center
Cliquez sur les photos pour recueillir les explications et voir les animations. |
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Photomicrograph of a coral polyp showing clusters of endosymbiotic algae |
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La vie et la mort des coraux qui se trouvent aux confins de la vie terrestre et de biologie marine ont donné lieu à la publication d'une impressionnante littérature diffusée sur le web dans toutes les langues. C'est d'ailleurs un lieu commun que d'écrire que les coraux rassemblent une richesse de vie extraordinaire qui n'est, au demeurant, pas entièrement inventoriée.

Pour faire connaissance avec les coraux et les menaces qui pèsent sur eux, il est conseillé de se brancher sur le
"Coral Reef Education for students and teachers CREST" qui passe en revue toutes les menaces de destruction des coraux, depuis le pêcheur qui utilise la dynamite, jusqu'aux UV B.
Mais, sur ce dernier sujet, la source d'informations la plus claire est certainement le site australien de l'AIMS (cliquer sur la deuxième photo du cadre à gauche ci-contre) qui livre même les formules chimiques des MAAs, ces poisons fabriqués par les algues [cyanobacteria, microalgae (phytoplankton) and macroalgae (seaweeds), comme on l'a déjà vu ci-avant], les plus couramment trouvés dans les récifs coralliens morts
(voir tableau ci-contre à gauche). C'est un problème de fond: les récifs corraliens, indispensables au maintien de nombreuses îles du Pacifique et de l'Océan indien, ont besoin des algues pour se développer (symbiose). Si les algues qui les entourent les investissent pour les empoisonner, alors, ils symbolisent la menace que les UV B font peser sur le monde marin en tuant, par algues interposées qui émettent des MAAs pour résister aux UV B, les cellules des récifs coralliens qui blanchissent et meurent.

Bien sûr, la NASA s'est intéressée au déclin des récifs coralliens, et notamment cette année 2003, par l'intermédiaire du Goddard Space Flight Center:
- d'une part en dressant une mappemonde du déclin des récifs coralliens,
- d'autre part, en décrivant précisément comment "l'eau noire" (contenant en abondance des plantes toxiques) s'attaque et détruit un récif corallien en Floride,
- enfin en participant depuis 2001, avec le concours de plusieurs grandes universités à l'élaboration d'un atlas des récifs coralliens, (cliquer sur "Contents and samples pages" de ce site) qui s'inscrit dans le cadre du programme mondial de Conservation des l'Environnement des Nations Unies (UNEP-WCMC -pour World Conservation Monitoring Centre).
Exposés également à la lente remontée des eaux océanes résultant de la fonte des glaces polairs, la mort des récifs corraliens, provoquée par ricochet par les UV B et par le réchauffement climatique, symbolise l'impuissance de l'Humanité à effacer ou réparer les perturbations qu'elle a provoquées au sein de la biosphère. En effet, le rayonnement des UV B est assimilable à une énergie mutagène comme on va le voir dans les paragraphes qui suivent, et comme on l'a déjà écrit. Mais il n'existe actuellement aucun moyen pour annuler des mutations engendrées par les UV B.
Les autres espèces aquatiques et l'énergie mutagène
Inexorablement, se forge petit à petit et de manière parfaitement insidieuse un nouveau milieu aquatique très différent du milieu originel, puisque ce milieu peut constituer, sous l'effet conjugué des UV B et du réchauffement climatique, un milieu hostile (le terme de "poisonnous" revient souvent sous le plume des scientifiques anglosaxons).
La disparition des amphibiens

Les amphibiens sont apparus vers les années 1990 comme les premières victimes de l'énergie mutagène des UV B: leurs oeufs et jeunes alevins cessant de vivre avant même de naître ou de muter. Un constat qui est général sur la terre entière (voir, par exemple, la disparition du
crapaud boréal dans le Nord du Canada ou le site consacré à
"la disparition des grenouilles") de l'ENSAIA de Nancy).
Cette disparition de l'ancêtre des dinausores et des mammifères apparu voici quelque 350 millions d'années a causé un grand frisson parmi les scientifiques, Hubert REEVES, en tête. En effet, pour apprécier si la pérennité de l'espèce humaine peut être menacée par l'énergie mutagène des UV B, il suffit de vérifier que l'un des chaînons survivant menant à la création de l'espèce peut effectivement disparaître, ce qui est le signe certain
d'une régression de l'évolution de la vie sur terre engendrée par la réapparition du fait de l'homme du XX ème siècle de l'énergie mutagène des UV.
Lequel des deux est l'ancêtre de l'autre? |
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| Un ichthyostega |
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| Le dipneuste |
Et bien sûr, c'est le cas, comme tout internaute curieux peut le vérifier en cliquant sur l'
Ichthyostega qui sort de l'eau ci-contre à gauche! (Ce site très précis mérite vraiment d'être visité car il démonte le mécanisme de l'évolution avec une grande précision sans utiliser un vocabulaire d'initié).
En réalité, il y a plusieurs causes,
énumérées par Julie Paquet (Atlantic Cooperative Wildlife Ecology Research Network Biologie, Université du Nouveau-Brunswick- janvier 1999) ou
par d'autres chercheurs, à la disparition des grenouilles, sachant que trois d'entre elles, fort importantes et soulignées de ce fait, paraissent dépendre directement des UV-B: le rejet massif d'herbicides, d'insecticides et
de nitrates (engrais provoquant l'eutrophisation des milieux cf
cyanobactéries) issus de la culture des sols, les rejets industriels,
l'introduction par l'homme d'espèces concurrentes dans leur biotope ainsi que les aménagements de routes et de sols ne respectant pas leur biotope, et
les UV B qui peuvent aussi affecter aussi bien
les insectes qui forment leur nourriture que détruire les oeufs et s'attaquer à leur ADN. Il s'y ajoute depuis 1993 au moins deux micros champignons, tels le
Saprolegnia Ferax qui s'attaque aux oeufs des amphibiens et le
(batrachochytrium dendrobatidis) qui détruit les batraciens par l'intérieur en s'offrant le luxe de mieux résister aux UV-B que les amphibiens, leurs victimes. Il semble également que des virus s'attaquent aux amphibiens, et notamment aux grenouilles.
Est-ce le début d'une régression du monde animal?
Sur ce sujet, on peut consulter les pages web suivantes:
"Mon royaume pour une grenouille",
"Emerging Infectious Diseases and Amphibian Population Declines", ou
"Crise chez les grenouilles".
Sur les questions et origines des mutations qui revêtent un caractère très inquiétant aux USA, il existe plusieurs banques de données.
Quoi qu'il en soit, trois chercheurs: M. Alex Smith, Michael Berrill, and Carolyn M. Kapron, ont établi formellement dans un rapport intitulé
Photolyase activity of the embryo and the ultraviolet absorbance of embryo jelly for several Ontario amphibian species" que les UV endommageaient bien l'ADN des grenouilles [par formation de dimères de pyrimidine de type cyclobutane (CBPDs) dans l’ADN] de sept races de grenouille de l'Ontario, ces destructions étant corrélées avec l'exposition aux UV-B. On peut d'ailleurs très bien comprendre qu'un amphibien pas vraiment fini par suite d'une dénaturation de son ADN (DNA en anglais) lui ôtant toute défense ne résiste pas aux micros champignons ou aux virus qui sévissent dans la nature afin de supprimer les êtres vivants qu'une exposition aux UV-B a fait naître en état de faiblesse. Mais pour les êtres sains, il y a lieu de rechercher s'il peut y avoir synergie entre ce "saprolegnia ferax" et l'énergie mutagène. Un question qui a fait l'objet d'une
alerte (low) au registre fédéral de l'EPA
On a déjà compris que le
Saprolegnia Ferax (visiter les sites de l'encadré qui lui est consacré) s'accomode parfaitement des UV-B et que ces deux prédateurs invisibles associés risquent de s'attaquer aux poissons d'eau douce pour peu que leur biotope leur offre des opportunités sérieuses. Par quel moyen se répand-il? Mais la réponse est très simple: le
Saprolegnia Ferax se trouve abondamment dans le sol et dans les humus. Lors des grandes tempêtes de poussières
que l'on a déjà décrites, ou encore, telle celle plus récente encore à laquelle mène
ce lien, ses spores, qui résistent aux UV-B, sont dispersés en grande quantité dans l'atmosphère
(sur les dégâts immunitaires que ce type de micro-organisme peut déclencher chez l'homme, se reporter à la page web du menu principal de ce site intitulée "le coin du médecin"). C'est un nouvel exemple dans lequel les plus simples organismes s'accomodent facilement de l'énergie mutagène en contribuant à ce que l'on peut envisager d'appeler le cycle de régression de la vie sur notre terre.
L'énergie mutagène: comment déclenche-t-elle des mélanomes ou cancers chez les poissons...?
A ce niveau, il paraît indispensable de préciser ce que l'on entend par mutation génétique et par agent mutagène. Les deux notions ne se recouvrant pas, ce site conseille de cliquer sue ce
lien en anglais, qui explique de façon fort bien imagée, la notion de mutation génétique et d'agent mutagène. Ce que l'on doit en retenir c'est que l'action mutagène des rayons UV-B peut se superposer, compléter, voir s'intégrer à d'autres agents ou processus mutagènes en les aggravant (par exemple désherbants, nitrates, médicaments, produits inhibiteurs des défenses immunitaires ...) qui oeuvrent en "synergie" pour dénaturer l'ADN du sujet qui y est exposé. Dans ce cas, les dégâts causés à l'ADN (DNA en Anglais), qui caractérisent la mutation, risquent d'être plus conséquents et irréversibles ou comme pour la grenouille plus difficiles à caractériser. Par ailleurs, ce site utilise les termes d'
"énergie mutagène" pour bien faire comprendre qu'au-delà même des synergies, les UV-B peuvent élaborer, à partir des rejets des activités humaines dans la troposphère même, grâce à leur énergie propre, des agents mutagènes dont l'action pourra s'exercer aussi bien sur la peau que sur les tissus pulmonaires.
En tout état de cause, on peut vérifier facilement sur un site français, que le syndrome biologique qui terrassent les amphibiens en général et les grenouilles en particulier est bien
imputable aux UV-B [en
savoir plus sur le sujet?]
On a déjà vu que les mêmes agents mutagènes (UV-B et micro champignons) qui déciment les grenouilles et leur progénitures dans les eaux douces peu profondes, menace également les poissons et leurs oeufs et alevins, comme le savent les aquariophiles.Cette menace vaut également pour les saumons sauvages qui fraient en eaux vives.
... et chez les mammifères dont les humains
Dans ce contexte, et à partir de leur génome, deux poissons (il y en d'autres tels le zebrafish) émergent qui servent depuis une quinzaine d'années de référence aux chercheurs pour étudier, d'une part, le mélanome malin, et d'autre part, le mélanome et la réaction aux polluants en général carcinogènes. Il s'agit du "Xiphophorus Helleri"
(chez ce poisson un gêne "CDKN2" qui engendre le mélanome a été isolé), et d'un poisson d'origine japonaise l'"Orysias Latipes" (voir encadré ci-contre à gauche).
D'aucuns pourraient croire qu'il n'y a aucun rapport entre les poissons et les être humains. Et bien, ceux-là ont "tout faux". La notion de biodiversité et de génomique est en réalité structurellement et partiellement inclusive dans le temps de l'évolution, le tout étant de retrouver les séquences génétiques qui peuvent être identiques. Et pour ce problème précis, les combinaisons chimiques de l'ADN, qui ont été parfaitement identifiées, sont identiques. Autant dire que si les poissons disparaissent par le fait des UV B, il risque de n'y avoir plus beaucoup d'êtres humains n'ayant pas muté pour le constater!...
On peut vérifier cela en cliquant sur le lien vers la banque de données de PubMed qui précise
"The melanomas are similar in many respects to mammalian melanomas, as judged by light and electron microscopy", que l'on doit traduire comme suit:
"Les mélanomes sont semblables à bien des égards aux mélanomes des mammifères, comme on peut le vérifier grâce à la lumière et la microscopie électronique."

Bref, que l'on soit grenouille, poisson, girafe ou humain, les UV provoqueront toujours les mêmes dénaturations de l'ADN
(formation d'un dimer de pyrmidine cyclobutane qui va lui-même être dénaturé une seconde fois par les UV-B) précisément décrites dans l'illustration ci-contre à droite
(publication de la célèbre université de Cambridge -Cliquer sur le tableau pour se brancher sur le site et lire le commentaire.).
Mais le déroulement de la maladie peut être différent pour chaque type d'animaux. Pour les animaux marins ou les grenouilles, par exemple, ce sont les micro-organismes résistant aux UV-B qui achèveront rapidement l'être atteint par l'extérieur. Pour ceux à sang chaud, se produiront des réactions immunitaires diverses associées aux UV-B (qui sont étudiées notamment aux USA depuis 1993), par exemple,
l'invasion dermique de monocytes macrophages, (qui caractérise une
mastocytose dermique), avant l'invasion des cellules cancéreuses pour cause d'inhibition des lymphocytes T (un mécanisme sur lequel on aura l'occasion de revenir car il existe des formes beaucoup plus complexes de cette maladie).
L'Astacopsis gouldi (Australie & Nouvelle Guinée) |
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En tout état de cause, il est certain que l'étude des poissons, en particulier pour les êtres humains, ceux d'eau douce, sont d'un intérêt de prévention sanitaire majeure. Or, on sait déjà, qu'à proximité des trous d'ozone, les populations d'alevins (larvae en Anglais) de poissons risquent de diminuer de 50 % tant pendant la décade actuelle que la suivante ainsi qu'il ressortit d'une étude récente
consacrée à la sensibilité aux UV-B des alevins de poissons et réalisée dans la région boréale de la péninsule scandinave.
Mais, dira-on, qu'en est-il des crustacés qui devraient être protégés par leur carapace? Et bien dès lors qu'ils fraient en eaux peu profondes, ils sont tout aussi menacés comme ce magnifique "Astacopsis gouldi" (plus de cinq kilos à l'âge adulte), qu'on appelle encore le homard géant et qui est en voie de disparition.
Le grand chambardement des UV B sur la biosphère marine
Le thème commun à toutes les informations qui ont été inventoriées sur le web et présentées sur ces pages WEB pourrait être celui du
"grand chambardement"
- Chambardement au niveau de la stratosphère: refroidissement de la stratosphère, vagues de chaleurs de haute intensité sur de longues périodes en été telle celle vécue par la France en 2003, voir en automne notamment dans l'hémisphère sud, qui sont la cause principale de réchauffement climatique de la terre et et à l'origine d'un fort dégagement de gaz à effet de serre venant s'associer à ceux résultant de la pollution d'origine humaine et aux gaz provenant des éruptions volcaniques, enfin, début d'élévation du niveau zéro de la mer constaté en 2002 consécutif évidemment à la fonte des glaciers polaires sur laquelle les spécialistes sonnent l'alarme en vain depuis plus de 30 ans.
- Chambardement au niveau de la troposphère: fabrication du "smog" (ozone particulaire) et des COV, associés aux vagues de chaleur, rétention des UV dans la troposphère sous l'effet des gaz d'effet de serre, déforestations agressives et souvent inutiles venant s'ajouter aux grands incendies dévastant des surfaces de plus en plus importantes de forêts, de steppes et de bush, dont le CO et le CO2 renforcent considérablement l'effet de serre et l'effet dévastateur des UV dans la troposphère, réchauffement des mers et océans modifiant les courants marins (affaiblissement des courants froids) et générant des cyclones et typhons toujours plus puissants et étendus, ainsi que, sur terre, des tempêtes de poussières (assaisonnées de grande quantités de Saprolegnia Ferax résistant aux UV-B), tornades et trombes, sans oublier les effets de dépression avec forte condensation (comme ceux générés par la Méditerrannée sur la France du Sud-Est, générateurs de pluies violentes avec débordement des fleuves et rivières) ainsi que de graves déséquilibres écologiques, notamment dans l'hémisphère sud, pouvant provoquer des famines surtout dans les zones semis désertiques.
- Chambardement au niveau de la biosphere marine:déphasage de plus en plus visible entre les cycles du carbone et de l'azote entraînant de graves déséquilibres chlorophylliens au sein de la biosphère marine, et l'empoisonnement progressif de la mer vis à vis de sa biodiversité, diminution notable du phytoplancton et du zooplancton à l'origine de la chaîne alimentaire marine, cependant que les cyanobactéries fabriquent toujours plus de toxines, imitées en cela par certaines algues et macroalgues qui tuent également les récifs coralliens et affectent la faune marine, disparition des amphibiens, diminution notable des poissons d'eau douce aux abords des trous d'ozone et des colonies de poissons hauturiers, enfin atteinte directe des poissons et crustacés, de leurs oeufs et de leurs alevins par les UV B, notamment à proximité des trous d'ozone...
On a tout lieu de croire que l'homme du XX ème siècle, en ayant contribué à porter atteinte à la couche d'ozone qui protégeait la terre des excès des UV, et notamment des UV-B, est le premier artisan responsable de la régression de la biodiversité et de la vie de la biosphère marine. A quoi s'ajoute au caractère carcinogène des UV-B connu depuis bien longtemps, une découverte plus récente: celle de leur effet
parfaitement mutagène sur l'ADN, désormais établi grâce à un petit poisson d'aquarium d'origine japonaise: "l'Orysias Latipes".

Est-il possible de trouver tous les gênes mutants pouvant être affectés par les UV?
En effet, l'énergie mutagène des UV se limite-t-elle uniquement au déclenchement des mélanomes. Deux biologistes Indiens, Rajeshwar P. Sinha and Donat-P. Häder, ont découverts en 2002 deux nouveaux types de lésions de l'ADN pouvant être provoqués par les UV dans la bande respective des fréquences de 254 et 312 nm. Ces deux biologistes n'ont pas seulement mis au point une méthodologie pour inventorier les dommages pouvant être causés à l'ADN. Ils ont constaté que si des bactéries, champignons, plantes, invertébrés et même quelques vertébrés avaient mis en place des mécanismes de réparation (après excision) des sections d'ADN attaquées pour restaurer les informations génétiques indispensables à la vie, les humains en étaient actuellement totalement dépourvus.
Il paraît clair que la diminution de la couche d'ozone annonce une notable régression de l'Humanité si rien n'est fait rapidement pour y remédier. Or, le septième cavalier a de puissants alliés: tous ceux qui détiennent les rennes du Pouvoir dans le Monde en taisant le pouvoir qu'ils lui abandonnent et en ne reconnaissant pas les maladies et dévastations qu'il provoque déjà de par le Monde, comme c'est d'ailleurs le cas pour l'Etat et le Parlement français, qui refuse de reconnaître comme maladie longue et coûteuse la mastocytose systémique agressive.
Mais au fait, quels sont les effets des UV-B dans la biosphère terrestre?
Les UV et la Terre (4 ème partie)